TENDERNESS,
DELIVRE-MOI DE CETTE TRISTESSE




Mot de l’auteur:
Et en avant pour le cross over avec mon autre fic écrite avec Kitty50, The Red Seal (lisible sur le forum ou sur le site fanfic-fr.net)!
 
Ce chapitre se déroule dans le passé de cette histoire précitée.
 
Pour vous situer, lorsque The Red Seal commence, les aventures de nos amis dans The Child sont déjà terminées depuis quelques années.
 
Attention spoiler TRC: 
Je tiens à préciser que dans le chapitre 127 publié fin août 2006 au Japon, les Clamp ont aussi créé une plume que Mokona n’arrive pas à ressentir, tout comme l’était ma Dernière Plume.
Je n’en ai pas copié l’idée, la date de parution de mes chapitres qui en relatent (# 1 The Red Seal  -CCS- ; # 12 The Child) en est la preuve.
Idem pour le thème utilisé à la fin de ce chapitre, j’avais déjà imaginé mon scénario tel quel avant de lire les spoilers.
 
Bonne lecture.
 
Et n’hésitez pas à me laisser des commentaires ! ^-^


Message spécial:
Une personne surnommée Neko A.P. a fait une vidéo appelée Sakura-Néis et qui est mise à disposition en téléchargement section multimédia sur ce site.
Alors, perso j'en ai chialé de joie quand j'ai vu à la fin "Fanvidéo inspirée par le fanfic de Bibi-chan, The Child". Je ne pensais pas que mon histoire pouvait toucher des gens au point d'en faire un Amv!

Mais QUI es-tu Neko?
Pourquoi avoir choisi cette chanson en particulier?
Quel chapitre t'a incité à faire ce clip?
Je veux savoiiiiiiiiiiiiiiiirrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!!

Mais merci, parce que là, je n'en reviens toujours pas..........
C'est la plus belle preuve d'appréciation de mon histoire que l'on ait pu me faire.....

Manifeste-toi!!!!

 
Bibi-chan ^-^



*
* * *
*



JAPON, Janvier de l’an 2000.
Monde de Yûko, Sorcière des Dimensions.
Chambre d’hôtes, dans sa demeure.




Sakura se blottit contre le dos de son compagnon endormi en l’enlaçant pudiquement pour profiter un peu de la chaleur dégagée par son corps.
 
Malgré la proximité du feu de cheminée, elle était tellement transie de froid qu’il lui semblait que la semence de son amant qui coulait doucement entre ses cuisses était encore plus chaude que la dernière fois, telle l’ardente source de vie s’échappant de l’être glacé par la mort.
 
La mort.
 
Pourquoi avait-elle de si macabres pensées depuis sa première expérience avec son aimé ?
 
Cette union charnelle, pure concrétisation de leur amour partagé, aurait dû la transporter de bonheur même s’il ne s’était pas montré des plus patients et des plus tendres.
 
Au lieu de cela, elle avait le sentiment qu’à chacune de ses maladroites caresses, un peu plus de son essence vitale et de sa joie intérieure l’abandonnait, à l’image d’attouchements annonciateurs d’un trépas imminent et non d’un plaisir véhément.
 
Pourquoi avait-elle l’affreuse sensation d’avoir perdu sa propre moitié et l’étrange intuition qu’il s’était produit dans l’autre monde un fait suffisamment important pour bouleverser sa destinée?
 
C’était pourtant bien son Shaolan qui était allongé à ses côtés, elle en était certaine.
 
Alors pour quelle raison avait-elle l’impression que derrière ce regard inchangé, cette odeur corporelle toujours aussi subtile et excitante, une partie de lui s’était envolée comme si les sentiments de son cœur s’étaient soudainement amenuisés ?
 
Et surtout, pourquoi son esprit restait-il obsédé par le visage d’un Shaolan assoupi, qu’elle avait découvert près d’elle à son réveil dans la maison de Monsieur Kinomoto et dont elle en avait redessiné les contours d’une main légère en effleurant discrètement la peau ?
 
Son être entier était lentement en train de se briser, tourmenté par ces incessantes questions qui ne la laissaient pas trouver le repos.
 
Elle tentait encore de se retenir de pleurer sans comprendre l’origine de sa tristesse, pour finalement s’abandonner à ces larmes qui submergèrent ses yeux et se répandirent sur ses joues.
 
La jeune fille colla doucement son front contre le dos du garçon et laissa les sanglots secouer son corps, se mordant les lèvres pour larmoyer en toute discrétion.



Il ne dormait pas et n’y arriverait sûrement pas.
 
Voilà quatre heures qu’ils étaient arrivés dans ce monde dans lequel ils étaient tous déjà venus une fois et qui avait été le point de départ de leur aventure à chacun, eux pour récupérer les plumes de la Princesse, lui pour l’achever.
 
Un certain Watanuki les avait accueillis au nom de sa maîtresse, la Sorcière des Dimensions, qui s’était absentée pour la soirée et ne rentrerait qu’en début de matinée.
 
Mokona avait ressenti la présence d’une plume dans la maison de la Sorcière sans en connaître l’emplacement exact alors que lui savait déjà très précisément où elle se trouvait.
 
L’avant-dernière plume qui annonçait bientôt la fin de leur périple.
 
Elle était logée dans le corps d’un enfant qui dormait dans la chambre adjacente.
 
Il avait d’ailleurs voulu entrer discrètement dans la pièce pour s’apercevoir que cette satanée femme avait fermé la porte à clé.
 
Shaolan avait bien commencé à la forcer mais il avait été obligé de s’arrêter, surpris par ce guerrier qui le surveillait de près et semblait très soupçonneux à son égard.
 
Peu importe, il n’était plus à quelques heures près.
 
Il attendrait donc patiemment le retour de cette Sorcière et profiterait de l’occasion pour régler certains détails avec elle.
 
Il sentit soudainement la Princesse se blottir dans son dos et l’enlacer timidement.
 
Le corps glacial de celle-ci le fit frissonner.
 
Encore une conséquence des plumes qui puisaient de plus en plus l’énergie vitale de la jeune fille en vue de leur prochaine réunification.
 
A croire qu’elles possédaient également un esprit.
 
Il devina alors qu’elle pleurait en percevant ses tremblements.
 
Pourquoi ?
 
Il s’était pourtant montré moins brusque que la première fois et avait longuement prolongé ses caresses pour éveiller en douceur ses sens à l’érotisme et lui éviter ainsi de trop souffrir pendant l’acte.
 
Mais il devait reconnaître qu’il était novice en matière de tendresse car Néis ne l’avait jamais initié à aimer de cette manière.
 
En effet, leur façon de faire l’amour avait toujours été bestiale, violente, fougueuse et malgré tout passionnée.
 
Il en avait même appris à ne trouver le réel plaisir que dans cette brutalité qui le faisait intensément jouir.
 
Avait-il encore été trop rude et emporté dans ses gestes cette fois-ci ?
 
Certainement…
 
Il aurait pu feindre de n’avoir rien perçu, mais n’en avait étrangement pas envie car il commençait à apprécier cette jeune fille fragile, touché par sa sensibilité à fleur de peau et totalement à l’opposé de sa défunte bien-aimée.
 
Elles sont tellement différentes, pensa-t-il.
 
Néis ne trouvait l’extase que dans la violence tandis que la Princesse requérait beaucoup plus d’attention et de preuves d’affection pour entrevoir le désir, sans jamais avoir encore atteint avec lui le paroxysme d’une union charnelle qu’il était finalement le seul à éprouver.
 
Il n’aimait pas l’image que cela renvoyait de lui-même, soit un être cruel qui ne cherchait que la satisfaction de ses besoins salaces, en profitant de ce corps que son double lui avait offert malgré lui sur un plateau.
 
Ce n’était pas lui.
 
Non.
 
Il n’était pas comme ça avant.
 
Avant que ce sentiment d’Espérance ne lui soit à jamais ôté en disparaissant de son cœur pour la réalisation de sa lugubre mission.
 
Il se retourna et plongea l’éclat pierre de lune de ses pupilles brunes dans les yeux couleur de jade de la Princesse, ombrés d’une impénétrable tristesse.
 
Elle fut surprise de le voir éveillé et ferma les paupières pour qu’il ne la voie pas davantage pleurer, mais d’un geste rassurant il caressa doucement sa joue en essuyant de son pouce ces larmes révélatrices d’une peine dévastatrice.
 
Apaisée par cette petite attention, elle osa confier à ses prunelles investigatrices son inexplicable affliction et sollicita d’un regard suppliant une salutaire consolation.
 
Il fut saisi par cette poignante douleur qui transcendait l’entendement.
 
Mais qu’est-ce que j’ai fait ?
 
A force de l’observer ainsi, il avait l’impression que l’insensibilité qu’il s’était efforcé de conserver s’effritait lentement devant cette innocente créature, qui semblait l’implorer de la délivrer de sa souffrance.
 
Oui, il finirait un jour par être son malheureux bourreau et son infortuné compagnon sur le chemin qui les mènerait aux ténèbres, mais pas encore.
 
Pas encore…
 
En cet instant, il voulait simplement se faire pardonner sa brutalité masculine et adoucir son chagrin, en sachant qu’il était cruel de réconforter cette jeune fille pour finalement l’envoyer dans les affres de la mort après avoir décidé de modifier son destin.
 
Mais il allait quand même réessayer.
 
Recommencer ce qu’il semblait avoir échoué en parcourant de nouveau son corps pour lui faire connaître cette félicité au moins une fois avant de la tuer.
 
Il ne voulait plus être égoïste car il avait réalisé qu’elle était tout comme lui victime d’une vie non choisie que la fatalité allait écourter.
 
Shaolan entreprit de l’embrasser et laissa glisser une main qui se voulait sensuelle sur sa poitrine avant d’approfondir son baiser.


La douceur.
 
Il devait tenter de marquer par cette qualité cet acte qu’il avait eu pour habitude de pratiquer avec virulence dans le passé, s’il voulait parvenir à la détendre et lui faire découvrir une autre sensation que la douleur.


L’attention.
 
Disposer cette jeune femme à l’appétence d’une union charnelle en prenant soin d’observer les réactions de son corps à chacune de ses caresses pour en percer les endroits les plus sensibles.
 
S’apercevoir que s’il attardait des lèvres délicates sur ses seins, ces derniers témoignaient de son plaisir ressenti en croissant lentement et remarquer également que leurs extrémités s’affermissaient doucement en même temps que sa propre virilité empreinte de désir.
 
Constater que s’il effleurait avec pudeur le petit galbe saillant de son intimité, elle relevait sa cuisse pour la poser sur la sienne et lui permettre de continuer plus aisément son attouchement.


L’écoute.
 
Entendre sa respiration s’intensifier au fur et à mesure qu’il lui prodiguait ses nouvelles douceurs et apprécier le souffle de plus en plus ardent de son amante à proximité de son oreille, après qu’elle eût blotti son visage contre le sien, joue contre joue.
 
Percevoir ces petits tressaillements qui saccadaient sa régulière et profonde respiration, reflets du trouble plaisant qui envahissait son être et agrémentait ses soupirs de discrets et succincts gémissements.


La tendresse.
 
Empreindre le moindre de ses gestes de ce sentiment qu’il n’avait jamais réellement connu, pour mettre en confiance sa compagne et l’inciter à s’abandonner complètement à la volupté sans plus de retenue.
 
Découvrir qu’elle répondait à ses caresses en flattant timidement son corps de jeune homme, éveillant en lui une délicieuse sensation qu’il n’avait jamais ressentie, pour être à son tour bouleversé par ses émotions captivantes jusqu’alors ignorées qui enivrèrent ses sens et le firent trembler.


La durée.
 
Prolonger ces échanges exquis qu’il goûtait pour la première fois de sa vie et ne pas se montrer empressé et impatient comme il l’avait fait auparavant, pour enfin la sentir réellement prête à le recevoir de nouveau.
 
 
Il s’assit et s’adossa contre le mur derrière lui, puis il l’attira tendrement sur lui pour lui suggérer d’orchestrer elle-même cette union charnelle et la laisser libre de choisir le rythme de cette danse sensuelle.
 
Intimidée, elle n’osait pas bouger.
 
Le jeune homme prit donc ses bras pour les disposer autour de son cou et releva délicatement son bassin pour se positionner sous elle, mais il s’arrêta au seuil de son sanctuaire pour l’encourager à continuer elle-même leur alliance corporelle.
 
Il la regarda d’une manière rassurante pour apaiser l’inquiétude qu’il pouvait lire dans ses yeux, puis il l’embrassa passionnément en effleurant son dos pour glisser ses mains sur ses hanches et orienter sa délicieuse descente qu’elle faisait prudente.
 
Au soupir de plaisir qu’il entendit d’elle une fois leurs deux corps réunis, à son visage qu’elle blottit contre son épaule en commençant une douce remontée, il comprit que ses tendres attentions avaient eu l’effet souhaité.
 
Sensiblement.
 
Il posa une main sur sa nuque et entreprit de caresser de l’autre le menu relief de son intimité d’un geste pondéré.
 
Lentement.
 
La lascivité ayant pris possession de son être grâce à ces savoureux contacts, Sakura se révéla moins gênée dans cette position que précédemment et osa alors varier la cadence de son bassin en approfondissant chaque mouvement pour intensifier leur fusion, sans trop y mettre de précipitation.
 
Le jeune homme se surprit à aimer cette douceur dans l’acte sans ressentir le besoin de l’accélérer ou d’y ajouter de la brusquerie comme il le faisait dans le passé.
 
Merveilleusement.
 
Il ferma les yeux et apprécia cet agréable moment, redoublant ses soupirs de désir à chaque fois que sa compagne effectuait un exquis retour sur ses cuisses, le faisant délicatement s’immiscer au plus profond d’elle-même.
 
Shaolan n’aurait jamais cru qu’une tendresse partagée aurait pu le transporter dans une telle effervescence, enflammé par le plaisir de son amante qu’il savait imminent aux soudaines et subtiles petites contractions qui accentuaient l’exiguïté de son intimité féminine.
 
Leur respiration devenait de plus en plus haletante au fur et à mesure que le sommet de cette union approchait, harmonisant les battements de leur cœur pour ne donner l’écho que d’un seul et les faisant inconsciemment amplifier chacun de leur mouvement, pour finir par s’enlacer tendrement l’un et l’autre comme deux amoureux transis de concupiscence.
 
Enfin, elle blottit de nouveau son visage contre l’épaule de son compagnon et ondula délicieusement du bassin, ardemment saisie par cette jouissance qu’elle découvrait pour la première fois et s’exprimant dans un incontrôlable gémissement.
 
Sensuellement.

Il la suivit presque immédiatement dans ce ravissement, sentant son plaisir monter en lui progressivement de son ventre jusqu’à l’extrémité de son corps, pour envahir subitement son esprit.
 
Il pencha alors la tête en arrière en inspirant profondément, ne pouvant s’empêcher de serrer davantage la jeune femme contre lui alors qu’il percevait une légère pression dans son bas-ventre signe de sa libération, pour finir par gémir à son tour étourdi par cette extase qui se fit plus longue et plus intense que toutes celles qu’il avait pues connaître dans son ancienne vie.


Ils reprirent leur souffle avec peine, tremblants de tous leurs membres de cette voluptueuse ivresse des sens éprouvée.


L
e jeune homme finit par se laisser glisser sur le côté pour se retrouver allongé sur le lit et ramena délicatement Sakura sur lui pour sentir son corps toute la nuit et prolonger un peu plus la sensualité de cet instant.
 
Elle se serra tout contre lui alors qu’il lui caressait doucement les cheveux et se laissa bercer par les pulsations réconfortantes de son cœur, qui l’aidèrent rapidement à s’immerger dans un sommeil réparateur.



Et ils ne se doutaient pas que quelque part dans une autre dimension, deux femmes allaient bientôt décider de bousculer cette funeste destinée qui leur était réservée.


*
* * *
*


« Il est rare que je me déplace en personne dans un autre monde, mais je n’avais guère le choix car ils sont arrivés chez moi. De plus, je suis persuadée que nous arriverons à un accord équitable toutes les deux. »

Mademoiselle Li avait remercié la dame âgée de sa contrée qui l’avait aidée à établir le contact avec la Sorcière des Dimensions en lui versant une somme conséquente et l’avait ensuite enjointe à les laisser seules.
 
Elle avait voulu prévenir la Princesse de l’affreuse tragédie qui s’était produite après son départ et avait longuement cherché avant de trouver cette vieille magicienne qui lui avait alors proposé de faire appel à la très réputée Sorcière.
 
Yûko avait eu la bonté de l’éclairer sur ces voyageurs à la recherche des plumes après s’être présentée et lui avoir expliqué son rôle dans leur périple.

Elle lui avait même confié l’existence et le passé du vrai Shaolan qui n’était autre que le Gardien des Plumes, ainsi que la mission qui l’avait incombée et le lourd prix de son souhait.
 
Mais elle n’avait pas fait cela sans réfléchir.
 
Elle avait besoin d’elle car un membre de sa famille, son propre neveu, s’était retrouvé récemment mêlé à cette sombre histoire et elle s’était promise de faire son possible pour l’aider, se considérant désormais personnellement impliquée.
 
La Sorcière regarda attentivement la jeune femme et lui demanda :
 
« Combien ?
- Presque un mois. Les premières nausées matinales se font ressentir.
- Le temps s’écoule décidément beaucoup plus vite dans ta dimension.
 »
 
Sakura Li caressa doucement son ventre.
 
« Mon mari est encore ici, je le sens.
- Ce sont les pouvoirs de ton enfant qui te permettent de percevoir sa présence.
- Oui... Son âme s’agite, s’impatiente et elle a déjà choisi ce corps pour se réincarner grâce à cette magie qui l’a attirée. 
»
 
La Sorcière remarqua la confusion de sentiments qui pouvait se lire dans les yeux de la future mère.
 
De la joie pour le revoir, de l’affliction pour que cela se fasse dans ces particulières conditions.
 
« Peux-tu me dire où est le clone, maintenant que tu es au courant de la situation ?
- Je crois qu’il est resté là-bas pour attendre son retour, après avoir fait fuir tous les survivants du village... Il a tout dévasté pour la retrouver,
répondit la jeune femme attristée.
- A ce propos, je suis étonnée qu’il ait épargnée ta vie, ajouta la Sorcière.
- Vous n’êtes pas la seule. J’ai bien cru mourir ce jour-là, mais je me suis réveillée à l’endroit où il m’avait laissée évanouie. Comme si ma ressemblance avec celle qu’il nomme la Porteuse avait eu une quelconque influence. »
 
C’est le cas, pensa Yûko.
 
La Sorcière soupira et ferma les yeux.
 
C’était encore pire que ce qu’elle avait imaginé.
 
Le fait que le vrai Shaolan rejoigne le groupe avait eu pour conséquence d’annuler le souhait de son sosie ainsi que son prix.
 
Le double avait aspiré à retrouver les souvenirs de son aimée en partant à la recherche des plumes et le fait d’être remplacé dans cette action avait abrogé la réalisation de son vœu, en le libérant par la même occasion de la condition qu’il en avait payée.
 
Ils avaient tous cru que les évanouissements réguliers de la Princesse étaient le tarif en question lorsque celle-ci tentait de se rappeler de Shaolan et que cela était dû à un sort lancé par la Sorcière des Dimensions.
 
Pourtant, Yûko n’avait jamais été à l’origine de cela.
 
Sakura subissait ces défaillances car elle voulait tout simplement se remémorer quelque chose qui était à l’abri dans une plume qu’elle n’avait pas encore retrouvée.
 
La Dernière Plume.
 
Celle qui renfermait le visage et le nom de celui qu’elle avait appris à aimer de nouveau.
Celle qui contenait la réelle Mémoire de ses sentiments.
 
La Sorcière avait seulement scellé le pouvoir de celle-ci pour que jamais sa présence ne soit découverte, car le clone l’avait en lui depuis le jour où la Princesse avait perdu ses souvenirs.
 
Le souhait de ce dernier devenu irréalisable avait aboli le pacte et révélé la présence de cette plume en délivrant ses pouvoirs intacts.
 
C’est elle qui l’avait maintenu en vie lorsque son original avait puisé la presque totalité de son énergie vitale et avait vraisemblablement augmenté la puissance de ses pouvoirs par la même occasion.
 
Aujourd’hui, le vrai Shaolan avait récupéré son bien en reprenant cette âme et cette aura qu’il avait réussies à partager avec lui dix ans auparavant, pensant le laisser à l’état de simple enveloppe charnelle vide d’émotions humaines et dénuée de volonté personnelle, voire bientôt mort.
 
Seule la volition de rendre les plumes à sa Princesse aurait dû rester dans ce corps.
 
Mais la force de l’Amour oublié conjugué à la puissance magique de la Dernière Plume avait permis à ce double de conserver une infime partie de sa conscience.
 
En effet, il n’avait pas tué Mademoiselle Li alors qu’il avait achevé tous ceux qui n’avaient pas une aura identique à la Princesse et qui avaient eu le malheur de croiser son chemin.
 
Si Sakura ne perdait pas la raison en découvrant que le Shaolan qui partageait sa couche n’était pas le bon, elle se refuserait certainement à reprendre la Dernière Plume qui prodiguait un peu de conscience à celui qu’elle aimait réellement, espérant désespérément le revoir un jour tel qu’avant.
 
Le Gardien ne tolérerait jamais cela et tenterait l’impossible pour capturer cette plume, quitte à risquer un combat mortel avec sa pâle copie pour s’en emparer lui-même.
 
Toute cette histoire allait très mal se terminer.
 
L’Original entraînerait la Princesse vers une mort inéluctable en décidant certainement d’achever son double au passage, qui à ses yeux n’aurait plus aucune utilité.



La Sorcière avoua ses craintes à Mademoiselle Li et finit par également lui révéler l’infortune qui avait accablé son neveu quelques semaines plus tôt dans sa propre dimension, le 31 décembre 1999 très précisément.

L’avant-dernière plume avait corrompu ses jeunes pouvoirs de sa puissance maléfique, en s’imprégnant de l’épée magique dont il était pourvu et qui était une partie concrète de son être.
 
Alors qu’il était à un tournant décisif de sa vie et qu’il aurait peut-être pu devenir le futur Chef de ce Clan, il avait été banni par l’ensemble de sa famille.
 
Le maléfice avait teinté son sceau d’une couleur de sang propre à ceux qui habituellement pactisaient avec Méphistophélès, un de leurs diaboliques ancêtres qui avait juré la perte de leur grande dynastie en avilissant ses descendants un à un.
 
Même si elle n’en avait rien laissé paraître, Yûko ne s’était pas résignée à abandonner cet enfant et était déterminée à le sauver de la malédiction qui pesait sur lui.
 
« Pourquoi ne pas demander au Gardien de purifier sa magie ? Il en a obligatoirement les capacités ! s’étonna Mademoiselle Li.
Cela nécessiterait pour lui d’utiliser son pouvoir en grande quantité, répondit la Sorcière. La puissance de cette plume dépasse largement celle que vous possédiez. Il n’acceptera jamais ma requête pour réserver son entière force à la conclusion de sa triste mission.
– Votre neveu est donc condamné…Vous m’en voyez navrée,
dit la jeune femme d’une profonde sincérité. Nous le sommes tous dans un sens… »
 
Yûko observa le visage empreint de mélancolie de Mademoiselle Li et se décida à lui confesser ses desseins.
 
« Non, il reste encore un espoir, mais je ne peux le faire sans ton concours.
– Que voulez-vous dire ?
– Si je te proposais d’aider ceux qui t’ont permise de revoir ton aimé, le ferais-tu ?
– Sans hésitation
, affirma la jeune fille.
N’as-tu pas toi-même un souhait, ou plutôt un regret depuis que tu sais que ton compagnon se réincarnera dans le corps de ce nouveau-né ? »
 
La jeune femme baissa la tête, sentant ses yeux s’embuer de larmes.
 
Elevé l’enfant qui était le fruit de cet acte d’amour entre son défunt mari et elle l’aurait comblée de bonheur, mais savoir que ce dernier avait pu choisir ce corps pour revenir sur terre grâce à la magie de ce petit être qui grandissait en elle l’avait abattue.
 
Le clone possédait les pouvoirs de Clow Lead, le père de la Princesse, puisque ce dernier avait donné une goutte de son sang pour redonner un corps au Gardien.
 
Son enfant en avait donc hérité, attirant l’âme de son époux et le promettant à une prochaine réincarnation.
 
Mademoiselle Li était donc condamnée à voir celui qui fut l’homme de sa vie renaître et jouir d’une nouvelle destinée, grandissant à ses côtés pour finalement un jour se marier avec une autre femme, sous ses yeux d’ancienne épouse devenue mère infortunée.
 
Elle commença à pleurer, affligée par ce sombre sort qui semblait s’acharner sur elle.
 
Elle aurait préféré mourir et partir avec lui.
 
« Je t’offre de le retrouver, si tu en fais le vœu…je dirais même, si tu en fais deux.
– Deux ?!
– Oui. Cela pourrait sauver ceux qui t’ont permise de revoir ton mari et peut-être purifier l’aura avilie de mon neveu, quand l’enfant sera en âge d’utiliser pleinement ses pouvoirs d’ici quelques années…
– L’enfant ? De quel enfant parlez-vous ?
demanda la jeune femme.
Celui dont tu te chargeras d’annoncer la venue au monde au Gardien. »
 
Elle resta quelques minutes dans l’incompréhension, jusqu’à ce que :
 
« Pour cela, il faudrait qu’il…
– C’est ici que tu interviens,
la coupa Yûko. Et concernant le côté pragmatique, il n’y a pas à s’en soucier puisqu’il est déjà passé à la pratique. »
 
Mademoiselle Li resta déconfite en entendant cette phrase et écarquilla les yeux de stupéfaction en comprenant subitement le projet insensé de la Sorcière.
 
C’était une chose risquée que de se reposer sur les émotions humaines, mais cela n’en restait pas moins audacieux et laissait espérer que la vie de la Princesse en serait ainsi épargnée.

« Et le clone ? Qu’adviendra-t-il de lui ?
– Tout dépendra du prix que tu accepteras de me verser,
ajouta la Sorcière.
– Que proposez-vous ? »
 
Yûko répondit à cette question et expliqua plus en détail les fondements de ce plan extravagant qui revenait à un échange de bons procédés.
 
« Ses pouvoirs et cette force vitale sont le tarif pour la réalisation de ces voeux car ils sont de grande envergure… Mais je puis te jurer sur mon honneur que de ton abnégation tu seras récompensée comme tu le souhaites, avec toute ma considération. »
 
La jeune fille réfléchit quelques instants et demanda avant de donner son consentement :
 
« Votre plan s’appuie sur l’existence de cet enfant et l’espérance que vous portez en ses compétences. Mais êtes-vous certaine qu’il sera le détenteur de ce pouvoir, qui pourrait aussi vous permettre de modifier la triste destinée de votre neveu bien-aimé ?
– Je reconnais qu’il n’est pas possible de dupliquer cette capacité,
commença la Sorcière. Cependant, comme toute chose qui constitue un être humain, elle peut se transmettre par l’héritage sanguin. »


C’est ainsi qu’un pacte fut passé entre ces deux femmes, dont la finalité ne trouverait son écho que bien des années plus tard dans le monde de Yûko.


*
* * *
*


Au petit matin, Fye et Kurogane avaient proposé à la Princesse de les accompagner visiter ce nouveau monde en attendant le retour de la Sorcière des Dimensions.
 
Elle avait poliment refusé, prétextant être fatiguée et préférant se reposer un peu plus longtemps, laissant Shaolan les suivre seul.
 
Les douceurs de son compagnon n’avaient pas suffi à la délivrer de cette obscure tristesse qui l’envahissait de nouveau.
 
Elle vit le serviteur de Yûko qui les avait accueillis la veille passer devant sa chambre dont la porte était restée ouverte, suivi d’un cliquetis de clés et d’incompréhensibles chuchotements.
 
Sakura ne prêta pas attention à cela et s’enfouit sous les draps dans son futon pour tenter de se réchauffer, encore transie de froid malgré le saut-de-lit en coton qui enveloppait son corps et aurait dû l’en prémunir.
 
Puis elle ferma les yeux et se laissa submerger par de mornes pensées, sans pouvoir les extirper de son esprit.
 
Le vide et la solitude semblaient régner en maîtres dans son fort intérieur, libérant une larme muette qui s’écoula lentement le long de sa joue.
 
« Pourquoi tu pleures ? »
 
En ouvrant les paupières, ses prunelles croisèrent celles d’un jeune garçon au plus âgé de douze ans, sosie de son aimé et qui avait réussi à pénétrer la pièce sans un bruit.
 
La Princesse se redressa en essuyant la larme qui avait trahi son état d’esprit et considéra la ressemblance plus qu’évidente entre Shaolan et cet enfant.
 
« A toi aussi il t’est arrivé malheur ? » continua-t-il.
 
Sakura l’observa attentivement et fut frappée par la profonde affliction qu’elle pouvait lire dans son regard et qu’il tentait de masquer derrière un visage figé dans une expression de dureté.
 
Son compagnon et le jeune garçon étaient parfaitement identiques, excepté que le petit possédait des iris noirs de jais dont la sombre couleur semblait être le reflet de son humeur et de la douleur qui avait imprégné son âme.
 
« Qui es-tu ?
– J’étais…je ne suis plus. Mais tu peux m’appeler Shaolan, c’est la seule identité qu’on a bien voulu me laisser. »

 
La jeune femme fut étonnée de la maturité qui émanait de cet enfant, à l’âge où d’autres baignaient encore dans l’enfance en toute innocence.
 
« Que veux-tu dire ? »
 
Elle comprit au regard de défiance qu’il lui lança à cet instant qu’il ne répondrait pas à sa question.
 
« Tu es une amie de ma tante ? demanda-t-il.
– Ta tante ? Tu es le neveu de Yûko ? »
 
L’enfant n’ajouta pas un mot et continua de la fixer avec méfiance.
 
Elle fut attendrie de rencontrer le jeune double de son amant appartenant à ce monde et puisa au plus profond d’elle-même pour lui afficher un sourire sincère, espérant ainsi le rassurer dans son manque de confiance et faire un peu plus connaissance.
 
« Je m’appelle Sakura…Ravie de te connaître, Shaolan ! » dit-elle en inclinant légèrement la tête sur le côté, en lui souriant tendrement.
 
Le garçon resta interdit en entendant son prénom.
 
Etait-ce la femme dont lui avait parlé sa tante et qui était à l’origine de sa malédiction ?
 
Non.
 
Impossible, elle n’aurait pas osé venir jusqu’ici et se montrer ainsi devant lui !
 
Ou alors…était-elle venue récupérer son bien ?
 
Oui, c’était sûrement cela. Elle était venue le libérer de ce fardeau qui avait empoisonné sa vie.
 
Son visage changea alors d’expression en voyant le sourire constant de la Princesse et laissa transparaître le trouble que cette chaleureuse attention avait occasionné en lui, comme si elle avait été la première personne de toute sa jeune existence à lui avoir montré un peu de bienveillance.
 
Ce qui était malheureusement la triste réalité.
 
Sa mère elle-même ne lui avait jamais adressé une telle preuve d’humanité, trop obstinée par l’idée de le faire élever au rang de Chef de Clan, en réussissant à convaincre le Conseil de famille qu’il était digne de cette place très convoitée.
 
Depuis qu’il avait été banni à cause de son aura avilie, les choses n’avaient fait qu’empirer puisque nul n’avait daigné considérer son propre déchirement en lui apportant un peu de soutien pour adoucir son tourment.
 
Il aurait souhaité en cet instant reprocher furieusement à cette femme d’avoir lié son destin au sien sans le savoir, mais comment en vouloir à la première personne au monde qui lui avait manifesté un peu de chaleur humaine ?
 
Elle ressemblait à un ange d’une exquise vénusté inspirant le respect à qui posait les yeux sur elle, venu directement du ciel pour le délivrer de sa tristesse en lui témoignant un peu de gentillesse par ce sourire empreint de tendresse.
 
Des gouttes de chagrin perlèrent au coin de ses yeux et commencèrent à glisser le long de son visage encore marqué par l’enfance, sous le regard incompréhensif de la Princesse.
 
Elle lui caressa doucement la joue et essuya d’une main ces larmes déconcertantes espérant ainsi soulager sa douleur, mais cet acte affectueux eut pour effet d’intensifier le ruissellement de ses pleurs.
 
On ne l’avait jamais touché de cette manière auparavant.
 
Sans un mot et d’un geste instinctif, presque maternel, Sakura prit l’enfant dans ses bras ne sachant que faire d’autre devant ces émouvants larmoiements, laissant ensuite le petit libérer sa peine sur ses genoux en le berçant lentement telle une mère aimante.
 
Au bout de quelques minutes, calmé par la présence de cette femme et fatigué de ses sanglots, il se recroquevilla sur le lit et se blottit contre son corps, comme cherchant un abri auprès d’elle pour se préserver des épreuves de la vie.
 
Elle s’allongea à ses côtés alors qu’il se serrait davantage contre son ventre et finit par s’endormir dans une position fœtale, rassuré par ce bras protecteur qu’elle passa autour de lui et réconforté par sa main délicate qui lui caressa doucement les cheveux.
 
Pour la première fois depuis le jour qu’il l’avait vu déshonoré, il sommeilla paisiblement sans se douter qu’il deviendrait par la suite obsédé par cette belle angélique et qu’il croiserait dans plusieurs années le chemin d’une jeune fille au visage identique.
 
Les deux âmes esseulées s’étaient reconnues par leur souffrance dégagée et s’étaient affranchies de leur affliction en se trouvant une mutuelle consolation.
 
Quiconque aurait pu les voir en cet instant aurait jugé attendrissant ce tableau où l’on aurait cru y voir représenter une Vierge Marie protégeant son Petit.


*
* * *
*


Shaolan était rentré plus tôt, espérant bien avoir une conversation avec Yûko et avait abandonné ses nouveaux compagnons au marché situé dans les environs.
 
Il fut donc ravi de la voir de retour et lui demanda immédiatement une audience.
 
Elle l’emmena dans une pièce à part et s’assit en lui proposant une tasse de thé qu’il refusa poliment, trop impatient d’obtenir des réponses à ses questions.
 
« Pourquoi ne pas m’avoir dit la vérité concernant le lieu où la Dernière Plume était scellée ?! maugréa-t-il. Pour quelles raisons me l’avoir dissimulé aussi longtemps ? Voulez-vous faire obstacle à ma mission ?!!
– Ce n’était pas à moi de te le dire, mais plutôt à toi de le découvrir, Gardien.
– Elle est la plus puissante de toutes et je n’ai pourtant ressenti sa présence qu’au moment de quitter l’ancien monde ! J’aurais juré qu’elle venait seulement de s’éveiller, me laissant dans l’impossibilité d’une action !
– C’est exact, tu as raison,
affirma-t-elle en buvant lentement son thé.
Comment ?! Comment est-ce possible ?!!
– Le pacte a été rompu puisque tu l’as remplacé. Le souhait annihilé a brisé le sceau qui maintenait le sommeil et le secret de cette plume dans cet endroit singulier,
répondit-elle.
– J’aurais dû l’achever de mes mains quand j’en avais l’occasion !! »

Le jeune homme se tut en sentant soudainement la magie de l’avant-dernière plume à quelques mètres de lui, révélant la présence discrète de l’enfant qui écoutait à la porte.
 
Au diable ce gamin !
 
Qu’il surprenne leur discussion ne lui faisait rien.
 
« Si je m’étais assuré de sa mort en le découpant en pièce et en brûlant son corps, je ne me serais pas retrouvé certainement obligé de bientôt l’affronter ! s’emporta-t-il.
– Tel un phoenix, ce clone aurait pu renaître de ses cendres car les pouvoirs de cette plume dépassent ton propre entendement.
– Arrêtez de… »

 
Le Gardien se figea subitement, pétrifié par ce qu’il venait de ressentir.
 
Néis.
 
C’était bien son aura qu’il percevait là.
 
Sa défunte Reine était revenue sur terre à travers le corps de la Princesse, en écrasant impitoyablement celle de cette dernière.
 
L’aura maléfique lui fit froid dans le dos tant sa puissance semblait s’étendre au-delà de l’imagination.
 
Il repensa à l’enfant qui se trouvait à côté et ouvrit brusquement la porte pour assister à une scène atroce.
 
Néis avait posé une main sur le torse du garçon aux yeux exorbités et injectés de sang, effrayé par l’expression sanguinaire et meurtrière qui s’affichait sur le visage de la jeune femme.
 
Un sourire diabolique se dessinait sur ses lèvres alors qu’elle le menait au trépas en contrôlant son flux sanguin et en le concentrant au niveau de son coeur pour le faire exploser.
 
Shaolan connaissait bien cette technique pour l’avoir déjà vue faire dans le passé et il devina qu’elle avait cherché à s’emparer de cette plume dont elle en avait été la créatrice, en assouvissant au passage ses pulsions destructrices.
 
« NEIS ! ARRETE !!! » hurla-t-il.
 
Son ordre la fit stopper net, avérant la supposition de sa résurrection.
 
Le petit garçon s’écroula sur le parquet, blessé et proche de l’inconscience, alors que la Reine déchue fixait d’un regard sombre à l’image des ténèbres son ancien compagnon.
 
Cette dernière tendit un bras dans sa direction en faisant apparaître un sceau ailé éblouissant dans le creux de sa paume identique au sien, se préparant à lancer une attaque contre lui.
 
Les murs se gondolèrent sous la pression qu’exerçait l’aura de la Souveraine autour d’elle, les carreaux des fenêtres commencèrent à se fêler et un léger tourbillon prit naissance aux pieds celle-ci pour ensuite s’amplifier et finir par se répandre dans le couloir, comme si une tempête était sur le point d’éclater en ces lieux.
 
Le Gardien déploya sa main face à elle en éveillant également son sceau magique et ferma simplement les yeux sans tenter d’esquiver l’impétueuse attaque satanique qu’elle lui envoya sans scrupule.
 
L’assaut frôla le corps du garçon à terre et se précipita sur le jeune homme sous les yeux médusés et impuissants de la Sorcière, qui se jeta diligemment au sol pour échapper à une mort certaine si elle se risquait à rester debout plus longtemps.
 
Mais ne sentant rien l’approcher, elle releva la tête et observa interdite la scène qui se déroulait devant d’elle.
 
Le Gardien avait crée une sorte de cyclone de taille infime qui prenait origine dans sa paume et aspirait littéralement la noire magie lancée par son ancienne amie, pour la faire disparaître totalement.
 
« Tu ne peux pas me toucher, Néis. Mes pouvoirs sont les tiens et ma puissance égale désormais, puisque dénuée d’âme tu en as perdu la capacité de t’en servir au plus haut point. »
 
En entendant ces mots révélateurs de sa nouvelle condition, la Reine avilie poussa un horrible cri perçant comme tout droit sorti de l’enfer, qui firent exploser en une seconde toutes les vitres de la demeure et s’effriter les murs qui menacèrent dangereusement de s’effondrer si une autre attaque devait avoir lieu.
 
« Enferme-moi cette vile créature qui a voulu tuer mon neveu si tu ne veux pas que je m’en charge moi-même !!! » vociféra Yûko, effarée par l’aperçu qu’elle avait eu de cette magie méphistophélique.
 
Shaolan s’exécuta et se rua sur la jeune femme sans lui laisser le temps de réagir, pour apposer son sceau sur sa poitrine et figer par ce geste électrique la turbulence des plumes contenues dans son corps.
 
De son côté, la Sorcière courut vers le petit garçon pour le prendre dans ses bras et constater les dégâts qu’avait pu occasionner Néis sur lui, puis elle tonitrua dans une noire colère :
 
« Emmène-la ailleurs !! HORS DE MA VUE SI TU NE VEUX PAS QUE JE LA TUE!! »

 
Paralysée, la Souveraine ne pouvait plus bouger permettant aisément au Gardien de la transporter jusque dans leur chambre, où il s’enferma avec elle avant de la poser sur le lit.
 
Il l’observa alors quelques minutes et lui dit :
 
« Je te donnerais ce que tu aimais tant si tu ne fais plus ce genre d’assauts véhéments… Tu sais de quoi je parle ? »
 
D’un regard elle lui fit comprendre que oui et consentit à sa proposition sans tergiverser.
 
Shaolan alla dans la salle de bain et revint muni d’un rasoir à la lame tranchante.
 
Il s’assit à ses côtés et se fit une entaille dans le creux de son cou, l’endroit qu’elle préférait par-dessus tout à l’époque, laissant un filet de sang s’écouler lentement de cette plaie fraîchement créée.
 
Puis il s’étendit auprès d’elle et la délivra de sa parésie à l’aide de son sceau qu’il éveilla de nouveau.
 
La jeune femme libérée se redressa et s’approcha de lui en considérant avec envie ce sang qui aiguisa son appétit, avant de l’enjamber et d’effleurer avec sa langue la nette coupure.
 
Le Gardien ne put réprimer un gémissement de douleur lorsque sa Reine suça avec avidité le mets délicieux, puis il la serra dans ses bras se remémorant en même temps leurs anciens ébats amoureux.
 
Car c’est ainsi qu’ils avaient toujours eu coutume d’entamer l’acte charnel, dans une effusion sanguine et une bestialité dont elle avait été à l’origine de toute éternité.
 


 


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