PRIMITIVE INSTINCT



Mot de l’auteur:
Ca y est Kitty, le mâââle s’est réveillé…
Enfin un peu d’action ! ^-^
Lol…

J’ai écrit ce chapitre en écoutant la chanson « El tango de Roxanne » du Moulin Rouge pour ceux qui connaissent et merci à toi Kitty de me l’avoir faite découvrir ! ^-^


OoOoOoOoO


La douleur.

Il avait oublié le vif élancement qu’il ressentait à chaque fois qu’elle se rassasiait de son sang.

Cette sensation était une composante de son ancienne vie qui précédait immuablement le plaisir ardent qu’il éprouvait ensuite en la possédant violemment.

Il avait même appris de son temps à concilier mentalement ces deux perceptions divergentes, pour en arriver à être excité dès que le supplice sanguinaire débutait.

Depuis qu’elle l’avait créé, Néis avait toujours eu un engouement pour cette substance qui coulait dans ses veines, affirmant qu’elle avait ainsi le sentiment d’approcher et de goûter à la Mort en personne, elle qui s’était crue invulnérable et presque éternelle.

Par ailleurs, elle ne s’était contentée que du sien car elle lui avait estimé une succulence sucrée qu’elle n’avait jamais retrouvée chez les simples mortels.

Ses plumes gracieuses devenues pernicieuses avaient aliéné son esprit, la rendant obsédée par tout ce qui avait attrait à l’essence même de la vie.

De son vivant, elle aimait également mutiler minutieusement sa chair et réveiller les dernières coupures cicatrisées pour se repaître de son sang, avant de le laisser jouir de son corps dans une profonde brutalité qu’elle l’avait encouragé à pratiquer.

En effet, elle adorait qu’il la domine avec toute son ardeur masculine dans ces moments privés, elle qui ne se faisait commander de personne et régnait en cruelle maîtresse sur son royaume désolé.

Du sang pour calmer ses envies meurtrières suivi d’une brûlante sexualité pour le remercier de lui en avoir offert, telle était la conception de l’acte physique pour cette Souveraine extatique, qui n’avait enseigné que cette seule manière d’aimer à son dévoué compagnon.

Il ne s’était jamais plaint de cette existence mais avait regretté qu’elle se soit toujours opposée à l’idée d’enfanter pour ne pas gâter la beauté et la fermeté de son corps, en buvant régulièrement toutes sortes de potions contraceptives afin de rendre leurs unions désespérément stériles.



Le Gardien poussa sa Reine sur le côté et se releva pour se diriger vers la salle de bain, laissant l’affamée dans l’impatience de continuer la dégustation de sa pitance.

Il se passa de l’eau sur le visage et jeta un coup d’œil sur sa petite blessure dans le miroir au-dessus du lavabo.

Shaolan avait perdu l’habitude de se faire ôter d’un seul trait autant de matière organique car sa tête commençait déjà à tourner alors qu’elle n’avait certainement pas encore terminé son festin orgastique.

Il revint vers elle et la contempla assise sur le lit, la surprenant en train de fixer son cou avec avidité.

Les rôles étaient intervertis aujourd’hui.

Le jeune homme n’était plus sous son emprise, puisque les plumes maléfiques enfermaient petit à petit la volonté personnelle de son possesseur au plus profond de son être.

Elle allait maintenant devenir son jouet, lui qui n’était désormais plus le sien et il se complaisait dans cette perspective nouvelle qui lui faisait enfin s’approprier les rênes de son empire corporel.

Mais il devait par prudence s’assurer de son allégeance et de sa fidèle obéissance.

Il reprit donc le rasoir et se trancha la paume en se mordant les lèvres de douleur, puis il éveilla son sceau ésotérique pour mêler à ce sang déversé sa puissance magique.

« Viens et abreuve-toi » ordonna-t-il.

Néis ne se le fit pas dire deux fois et s’agenouilla à ses pieds pour se délecter de ce fluide savoureux, prenant son temps pour en apprécier chaque gorgée.

Le Gardien observa sans sourciller son aimée aspirer avec force la substance qui s’écoulait de sa main et proclama :

« Je promets d’apaiser ta soif dès que tu le souhaiteras, sous la seule réserve que tu ne te soumettes qu’à moi. Tu ne t’inclineras devant nulle autre volonté que la mienne et me reconnais comme ton unique gouvernant et amant par ce sang ainsi uni à ma magie. »

Elle s’arrêta de boire pour lever les yeux vers lui et acquiesça d’un hochement de tête.

« Relève-toi. »

Elle s’exécuta immédiatement, obéissant aveuglément à son nouveau seigneur et le regarda sans mot dire de ses pupilles vidée d’opiniâtreté.

D’un geste brusque, il lui arracha son saut-de-lit suivi de sa lingerie sans accorder plus d’attention à ce corps entièrement mis à nu et l’attrapa par le bras pour la jeter contre le mur.

Il essuya de son pouce les gouttes de couleur pourpre qui perlaient encore au coin de sa bouche et ôta le vêtement qui habillait son torse.

Puis il posa le rasoir dans sa petite main et referma ses doigts autour de l’objet avant de dire :

« Assouvis comme autrefois tes désirs sanguins et laisse moi sans résister satisfaire les miens. »

Shaolan s’appuya sur ses avant-bras placés de chaque côté de son visage pour se pencher vers elle et frôler ses lèvres, alors qu’elle enserrait l’instrument en incisant lentement sa peau de ses pectoraux jusqu’au bas de son ventre, le regardant droit dans les yeux d’un air envoûtant.

Il plissa les paupières en fronçant les sourcils et expira profondément pour atténuer la piquante souffrance ressentie, puis il contracta vivement les abdominaux quand la lame creusa un peu plus son corps en parcourant la coupure en chemin inverse.

Sans détourner ses malicieux iris des siens, la Souveraine se laissa ensuite glisser le long du mur pour arriver à hauteur de l’entaille et suivit doucement de sa langue le sillon de sang qui suintait de la plaie, en commençant par le bas-ventre pour remonter délicieusement vers les muscles de sa poitrine.

Le Gardien humecta un doigt de son sang pour en teinter sa lèvre inférieure et attirer ainsi la bouche de la belle satanique, qui s’empressa en voyant cela de sucer le morceau de chair volontairement rougi et finir par se laisser fougueusement embrasser par son amant en caressant son buste sanguinolent.

Il déposa quelques baisers sur ses épaules et fut enivré par la douceur de sa peau, légèrement imprégnée d’une délicate odeur de jasmin d’un bain qu’elle avait pris plus tôt ce matin.

Puis il se baissa au niveau de ses hanches et investit son intimité féminine d’une langue impudente et leste pour humidifier de sa salive les parois de ce temple déserté par le désir, pendant qu’elle se léchait les doigts couverts du succulent fluide corporel de son compagnon pour en savourer la moindre goutte.

Le jeune homme dénuda alors son impatiente virilité et plaqua sa Reine face contre mur en l’obligeant à se cambrer afin d’apprécier les formes charnues et galbées de son bassin, avant d’écarter ses cuisses pour se frayer un chemin et faciliter ainsi son entrée.

D’un coup de reins brutal, il s’immisça en elle sans qu’aucune réaction n’émane de celle-ci et posa sa paume ensanglantée sur sa bouche pour satisfaire son insatiable appétit, puis il commença à se mouvoir en elle dans une cadence effrénée en accentuant vigoureusement ses mouvements à chaque fusion absolue qu’il faisait sans retenue.

Au bout de quelques minutes, lassé de cette position et voulant intensifier sa pénétration, il se retira de son corps et se dirigea vers le bureau en la forçant à le suivre.

D’un bras énergique, il envoya promener tous les objets qui y étaient posés et la souleva par la taille pour l’y faire s’asseoir.

Il l’incita ensuite à s’allonger en l’amenant à encercler son buste de ses jambes élancées, avant de fermement s’agripper aux extrémités de la table et s’insinuer sauvagement de nouveau au plus profond de son sanctuaire orgasmique.

Aidé par ses mains accrochées au meuble, il put approfondir ses élans et la posséder bestialement tel un animal en rut, faisant âprement se répercuter dans l’ensemble de son corps ses mouvements qui se faisaient de plus en plus brusques.

Il plongea son regard dans le sien, transi d’amour pour cette femme qui fut son ancienne maîtresse et qu’il dominait maintenant totalement.

Mais alors qu’il était sur le point d’atteindre le sommet de cette virulente union, Néis posa le rasoir sur une autre partie de son cou pour y faire une entaille légèrement plus profonde et entreprit de sucer avec voracité le mets délicieux en enlaçant son amant, lui arrachant un violent gémissement où se mêlaient douleur et plaisir à l’instant même de son exquise délivrance corporelle.

La Souveraine s’était laissée faire sans aucune ténacité et il en serait inévitablement de même pour la Princesse une fois toutes les plumes réunies dans son corps, car tels étaient les pouvoirs de ce maléfice qui assujettissaient son possesseur au premier commandeur.

A la seule exception que Sakura bénéficiant encore d’une âme contrairement à Néis, son esprit velléitaire se verrait effectuer tout ce qui aurait pu être à l’encontre de ses principes, sans jamais pouvoir s’y opposer.

Elle serait témoin de ses propres actes devant lesquels elle resterait impuissante et sans volonté, laissant sa mémoire se souvenir éternellement de cette immorale sujétion.

C’est la raison pour laquelle son père, Clow Lead, avait souhaité faire renaître le Gardien, préférant voir sa fille morte plutôt que malheureuse esclave de cette malédiction.


*
* * *
*


Mal.

J’ai si mal.

Mon âme me fait souffrir.

Pourquoi ?

Suis-je en train de dormir ?

Ici au moins je n’ai plus froid.

J’ai l’impression que Shaolan est à côté de moi, mais je ne ressens ni sa chaleur ni son affection.

Quelque chose s’est brutalement emparé de mon être, mais quoi ?

Je ne perçois qu’une affreuse domination.

Je suis en train de rêver…Oui, c’est certainement cela.

Je vais bientôt m’éveiller…

…et tout oublier.


*
* * *
*


Le Gardien contemplait la peau nue de sa bien-aimée en rinçant soigneusement la mousse sur son dos, à l’image d’un enfant qui lavait sa poupée après s’être longuement amusé avec elle, jouissant de ses courbes sans aucune pudicité ni réserve.

Leurs rôles étaient bel et bien inversés maintenant.

Il nettoyait tout ce sang qui avait tâché leurs corps respectifs après avoir attendu sa progressive coagulation, en appréciant le silence de son amante et sa nouvelle soumission.

Soudain, il entendit quelqu’un entrer dans la chambre sans avoir pris la peine de frapper et devina l’énervement de la personne à la lourdeur et la rapidité de son pas.

Dans l’embrasure de la porte de la salle de bain apparut la Sorcière des Dimensions.

Elle avança en lançant un regard assassin à la Souveraine qui ne bougeait pas et semblait ignorer sa présence, fixant intensivement le mur droit devant elle.

Shaolan ramena le corps de sa Reine contre son torse en l’encerclant de ses bras protecteurs, faisant comprendre à Yûko qu’elle ne devait pas espérer se venger des tortures que celle-ci avait infligées à son neveu bien-aimé.

« Ca y est ? La Diablesse s’est calmée ?
– Oui.
– Je constate à l’état de la chambre que vous avez également dignement fêté vos retrouvailles ! Du sang pour la basse inclination de la demoiselle et un véritable désordre reflétant ton bestial instinct charnel ! Quel fascinant couple formez-vous là ! »

Elle ne disait pas cela de façon ironique et le pensait réellement car leurs penchants primaires faisaient d’eux un tandem redoutablement lubrique et sanguinaire.

N’importe quel historien aurait adoré relater leur passion tumultueuse ainsi que leurs ébats sexuellement torrides et sauvages.

« J’ai fait appel à la discrétion d’un médecin de famille pour soigner mon neveu et je t’apprends que ses jours sont hors de danger, même si cela t’indiffère.
– Non, j’en suis soulagé.
– Que comptes-tu faire désormais ? Les autres vont bientôt rentrer et tu ne pourras guère les berner quant à la condition de Sakura. Surtout s’ils la voient se jeter sur toi pour dévorer ta substance organique ! »

Le Gardien sortit de la baignoire en prenant la jeune femme dans ses bras et la posa sur le sol, exposant dans la plus grande indifférence sa nudité masculine à la Sorcière.

Puis il entreprit de sécher délicatement sa compagne et lui passer son saut-de-lit accompagné d’une nouvelle lingerie.

« Je vais lui ordonner de s’endormir et de ne se réveiller qu’à ma demande.
– Fais-le… prestement. »

Sur ces mots elle lui tourna le dos et s’éloigna.

Les jours du clone sont comptés car même si le Gardien ne fait rien, Néis se chargera de récupérer sa plume en laissant s’exprimer ses meurtrières propensions, pensa-t-elle avant de refermer la porte derrière elle.

Shaolan allongea sa Souveraine sur le futon et s’assit à ses côtés en se penchant pour effleurer ses lèvres.

Il lui susurra ensuite doucement à l’oreille :

« Rendors-toi ma belle et fais revenir la maîtresse de cette enveloppe charnelle, car d’ici peu de temps ton heure viendra pour mener insensiblement au trépas quiconque m’importunera. »

Il leva les yeux et se redressa, sentant les auras des deux hommes se rapprocher de la demeure.

« A commencer par ces deux là… »


OoOoOoOoO


Mot de l’auteur:
N’hésitez pas à me laisser vos impressions ! ^-^

Voici la musique dont je vous parlais dans mon chapitre 11, utilisée pour un AMV de TRC et créé par Kitty50 ! Appréciez ! >>> Sakura & Shaolan

Bibi-chan










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