SUFFERING,
LA PURETE VIOLENTEE

L’épreuve de sa vie.
L’horreur de son passé.
Ces sentiments cuisants qui envahissent mon esprit.

Pour quelle raison ne le lui avait-elle jamais révélé ?



Le Gardien était agenouillé dans la salle de bain, le visage baigné de larmes et déformé par son atroce affliction.

Il mordait dans une serviette pour étouffer son cri de désespoir afin que personne ne l’entende, mais ne put bien longtemps réprimer le besoin d’exprimer son intense prostration.

Shaolan enleva le tissu de sa bouche et se recroquevilla à même le carrelage blanc, hurlant une douloureuse lamentation et versant des torrents de pleurs sans pouvoir s’arrêter.

Ce qui lui avait paru une éternité n’avait duré que quelques secondes en réalité.

Mais il aurait souhaité ne rien savoir car il était trop tard pour réparer tous ses actes passés.

Il commençait à se haïr et en aurait même souhaité mourir.

Se tuer maintenant pour achever son tourment.

Un monstre, je ne suis qu’une création issue de l’horreur.
Pourquoi ne me l’a-t-elle pas dit ?

Pourquoi ?

Le jeune homme ne l’en aima que davantage mais avait l’impression de l’avoir souillée un peu plus en libérant ses pulsions aujourd’hui.

Il se trouvait répugnant et infâme.

Quelques minutes auparavant, il avait demandé à sa bien-aimée de s’endormir et avait entrepris de s’éloigner lorsque une main avait retenu son bras.

En se retournant, il avait été surpris de découvrir Sakura à demi-consciente le regard empreint d’une profonde tristesse, alors que l’aura de Néis était encore là et n’avait pas encore cédé sa place à la celle de la Princesse.

Pendant quelques secondes, elles avaient totalement fusionné et étaient toutes deux éveillées, se partageant en même temps cet unique corps si fragile.

Le sceau de la jeune femme posé sur sa peau s’était soudainement mis à briller sans raison et une succession d’images d’antan s’étaient brusquement imposées à son esprit, comme s’il avait été envoyé directement en ces temps reculés dans un passé qui n’était pas le sien.

Etait-ce le pouvoir des plumes qui avait permis à son aimée de lui montrer ces visions ?

Ces moments qui avaient composé une période bien précise de la vie de Néis et avaient construit sa tristement célèbre personnalité.

Il avait même l’impression d’avoir été transposé dans son corps tant il avait pu percevoir et éprouver son calvaire.

Les images avaient alors commencé à défiler dans sa tête, lui révélant son réel passé en le lui contant telle une histoire et le propulsant dans ce cauchemar qu’il aurait souhaité ne jamais concevoir.


o O o


Regarde l’histoire de ma vie, qui fut bouleversée par ce supplice enduré cette fameuse nuit et pardonne-moi de t’avoir autant menti.

Je venais d’avoir 14 ans.

Tu vois, je n’étais qu’une enfant.

Mon royaume avait été déchiré par une guerre pendant de nombreuses années qui nous avait opposés à celui des Clow, mais un traité de réconciliation venait enfin d’être signé, m’unissant à un de leurs princes pour assurer la paix et la quiétude de nos deux contrées.

On m’avait donc envoyée, accompagnée de mon serviteur et ami, rejoindre mon futur mari dans ce pays inconnu.

C’était un homme rustre et barbare d’une vingtaine d’années et certains disaient de lui qu’il était incapable d’enfanter, ce qui était effectivement la réalité.

Il me l’avoua d’ailleurs cette nuit là.

Cette affreuse nuit.

Il ne s’intéressait pas à la gente féminine et avait toujours à sa suite quatre ou cinq de ses mignons.

Ma nuit de noce fut atroce et à l’image de sa renommée cruauté.

Je l’attendais dans ma chambre, nerveuse comme jamais de cette première fois que j’allais vivre avec quelqu’un que mon cœur n’aimait absolument pas.

A ma grande surprise, il entra entouré de deux de ses frères, suivi de mon serviteur qui apportait du vin sur sa demande.

La porte se referma et mon calvaire commença.

Sous les yeux impuissants de Xiaolang, mon ami et fidèle sujet, les deux frères me plaquèrent sur le lit et arrachèrent mes habits, leurs viles prunelles se repaissant de mes formes à peine écloses.

J’étais transie de peur et n’osai pas crier, laissant les larmes ruisseler sur mes joues enfantines sous leurs regards amusés.

J’étais nue et mon corps dévoilé, tel un vulgaire morceau de chair qu’ils s’impatientaient de dévorer.

Humiliée.

Xiaolang avait voulu intervenir, mais mon époux l’avait menacé d’une arme en lui ordonnant de rester tranquille s’il ne voulait pas voir ses quinze jeunes années se terminer au bout d’une corde.

Puis il confessa le fond de ses pensées en m’avouant qu’il n’avait aucun goût pour les femmes et laisserait un autre me féconder.

Le traité de paix avait été signé à son grand mécontentement et il allait m’en faire payer le prix de cette alliance avec mon pays qu’il considérait toujours comme son ennemi.

Il allait bafouer mon honneur comme il aurait aimé le faire avec mon peuple.

Un de ses frères me maintenait allongée en empoignant fermement mes bras, pendant que l’autre entreprit de m’écarter les cuisses pour offrir mon intimité en spectacle à ce mari aliéné.

Il se retourna alors vers mon ami ancillaire et lui somma de regarder de quelle manière il allait déshonorer sa maîtresse.

Je sentis ses doigts forcer mon intérieur, riant sadiquement en même temps que j’exprimais ma douleur.

Et pour pousser à l’extrême son inhumanité, il pénétra ensuite ma bouche de ses doigts sur lesquels perlait encore le sang de mon hymen dérobé, afin que je puisse goûter à cette vertu que je n’aurai jamais plus et que je lui dise quelle saveur avait la pureté d’une jeune déflorée.

Mon sang avait un goût sucré, ce qui ne m’empêcha pas d’en avoir la nausée.

Ses frères et lui décidèrent ensuite de continuer mon avanie, en me faisant perdre mon innocence avec quelqu’un qui n’appartenait pas à mon rang et n’était pas de noble sang.

Quoi de plus mortifiant pour une princesse que de se faire toucher la première fois par un simple domestique, rabaissant la valeur de son pucelage à celui de n’importe quelle fille de ferme.

Mais ils commirent une petite erreur en choisissant mon serviteur, car loin de souiller ainsi ma dignité, ils permettaient à celui qui était le secret maître de mon cœur de m’approcher.

Xiaolang s’y était fermement opposé pour se laisser effrayer par mon époux qui lui affirma que s’il ne le faisait pas, les cuisiniers du palais s’en chargeraient volontiers et n’avaient pas pour réputation d’être plus légers et délicats.

Ils voulaient anéantir le peu de fierté qu’il me restait en me faisant dépuceler par mon propre laquais, sans se douter que cela n’aurait certainement pas sur moi l’effet escompté.

Les hommes me libérèrent de leur emprise et l’un d’eux l’attrapa par le bras pour le jeter sur moi.

Puis un des frères releva sa tête en tirant sur ses cheveux et lui mit un couteau sur la gorge, exigeant qu’il dénude sa jeune virilité et leur offre une scène des plus divertissantes, pendant qu’ils le regarderaient faire en buvant le vin qu’il avait apporté.

Il resta immobile quelques instants, énervant un des princes qui lui assena un coup si violent qu’il en tomba allongé sur moi.

Non.

Il ne voulait pas.

Il ne pouvait pas.

Mon mari lui rossa les côtes pour ce refus, lui arrachant des cris de douleur alors que chaque heurt porté se répercutait sur mon corps et me mettait en pleurs.

Redoutant qu’il finisse par le tuer, je l’ai enlacé pour convaincre mon époux d’arrêter et lui ai murmuré dans un sanglot cet amour que je ressentais pour lui depuis déjà quelques années.

Mon conjoint tonitrua qu’il allait l’achever s’il continuait de l’offenser par son inacceptation.

Je l’ai donc supplié d’une voix presque inaudible de rester en vie car j’avais besoin de lui à mes côtés pour m’aider à affronter cette sombre destinée qui serait pour moi un véritable enfer.

Deux des frères odieux se servaient un verre alors que Xiaolang annonça qu’il attendait en échange la promesse de ne rien me faire subir d’autre.

Les hommes satisfaits avaient juré, affichant un sourire de vainqueur malintentionné.

Puis il me chuchota ce mot d’excuse d’une voix chevrotante avant de défaire son bas d’une main tremblante.

Pour tout te dire, il m’aura fallu détourner les yeux et ne plus lui montrer ma sensibilité pour permettre la turgescence de son intimité, car il était trop bouleversé par l’acte impardonnable qu’on lui avait commandé.

S’il avait pu, je crois qu’il se serait donné lui-même la mort après en avoir eu terminé.

Effrayé à l’idée de me blesser, il s’immisça d’une manière si douce et lente dans mon jardin secret que je n’éprouvais presque pas de souffrance.

Il n’osa pas visiter l’ensemble de mon verger et ne s’insinua que de moitié avant de commencer d’imperceptibles allées et venues, se blâmant intérieurement de goûter à ce fruit défendu.

Un des hommes s’approcha et le frappa violemment, mécontent de ses timides avancées et persuadé qu’il cherchait à les berner.

Ils décidèrent donc de l’inciter à y mettre un peu plus de volonté.

Mon époux m’empoigna les cheveux et apposa un poignard sur mon cou pour le prévenir que s’il ne se faisait pas plus hardi, ma gorge serait tranchée dans l’instant et la culpabilité de ce meurtre rejetée sur lui.

Personne ne mettrait en doute la parole d’un prince.

Xiaolang intensifia donc légèrement ses mouvements, faisant naître à regret une douleur en mon fort intérieur.

Mon mari me maintint le visage bien en face de celui de mon ami, pour s’assurer de nos regards entrecroisés, car il voulait que nos iris s’affrontent devant cette mutuelle humiliation et achever de vérifier notre ignoble soumission.

Je vis alors ses yeux s’embuer de larmes et sentis ces gouttelettes tomber sur mes joues, pour se mêler à mes pleurs au fur et à mesure que son bassin rejoignait le mien.

C’est là que je compris… qu’il m’aimait lui aussi.

Et au moment de sa coupable délivrance naturelle, ce n’était plus de la tristesse que je lisais dans son regard, mais une mortelle détresse dont il ne se serait jamais remis s’il avait survécu à cette nuit.

Pour finir, il s‘était blotti contre moi et avait sangloté aux creux de mon oreille, en m’implorant de le pardonner de cet innommable pêché ainsi commis envers celle qu’il considérait comme la femme de sa vie.


Crois-tu que mon calvaire s’était terminé ici ?

Non, il ne faisait que débuter.


Après avoir eu leur spectacle tant attendu, un des frères se rua sur Xiaolang tandis que l’autre m’agrippa et me jeta à terre, proclamant en riant que le lit était finalement bien trop d’honneur pour la jeune fleur que j’étais.

Je devais être cultivée comme ces plantes auxquelles il m’avait comparée.

Au niveau le plus bas.

A même le sol.

Il se déshabilla avec empressement et m’immobilisa aidé de mon mari, avant d’entreprendre l’ensemencement de mon ventre.

Tels étaient ses mots.

Je n’étais pas un être humain, mais une terre fertile qu’il fallait ensemencer, encore et encore, pour obtenir un potentiel héritier.

Il me ravagea d’une violence inouïe, sous les yeux abasourdis de mon ami qui redoubla ses larmes, terrassé par l’horreur et tentant vainement de leur rappeler leur promesse en hurlant.

J’entendais ses cris alors que l’homme décida d’accentuer ma mortification en me faisant me mettre à genoux le visage plaqué et maintenu contre le marbre froid, lui offrant une vue plus appréciable de mon bassin et un accès plus agréable, dont il se délecta avidement et en profita avec joie.

Ses virulents coups de reins se répercutèrent brutalement dans mon jeune corps, endolorissant affreusement mon intérieur.

Je n’avais jamais ressenti une telle douleur.

Il se libéra en moi dans un râle répugnant, avant de céder la place au suivant.

Je vis l’autre frère s’approcher de moi me permettant ainsi de voir un Xiaolang effondré et en pleurs, pour ensuite poser un couteau sur sa gorge et l’entailler d’un geste net et précis.

Je me suis mise à hurler et voulu me relever, mais des mains me ramenèrent immédiatement à terre pour ne pas me faire quitter cette basse position.

L’homme jeta le corps de mon compagnon à mes côtés avant de me souiller à son tour, aussi sauvagement que le précédent.

Et alors qu’il renforçait ses mouvements en m’empoignant vertement les hanches, je vis les yeux de mon ami chercher mon regard et ruisseler de larmes, pour finir par s’éteindre petit à petit et abandonner la vie.

Je n’arrivais plus à pleurer tellement j’avais mal, physiquement comme mentalement.

Un feu s’était emparé de moi et consumait lentement mon âme ainsi que mon être tout entier.



Mon supplice a duré jusqu’au petit matin, les hommes alternant leur place en moi et me laissant de temps en temps un peu de repos avant de recommencer d’une invariable manière.

Ils s’étaient tellement appliqués à martyriser mon temple défloré que j’en avais saigné.

Puis ils partirent au lever du soleil en emmenant le cadavre de mon aimé assassiné, m’abandonnant sur le sol glacial de ma chambre sans prendre la peine de faire venir quelqu’un pour soigner mon petit sanctuaire profané et blessé.

Je réussis à me traîner et me hisser jusque dans mon lit pour m’y allonger et rester immobile, comme paralysée par la honte, l’aversion, la souffrance et l’affliction.

Anéantie et dévastée de l’intérieur.

Je fixai le sang qui contrastait affreusement avec la couleur unie du marbre blanc sur lequel on m’avait violée et j’eus un haut-le-cœur en voyant ce témoignage flagrant de la barbarie qui avait eu lieu de cette nuit.

Peux-tu imaginer ma douleur ?

Un battement d’aile éveilla soudainement mon attention et je vis une colombe qui s’était introduite par la fenêtre restée ouverte, se poser près de la flaque symbole de mon enfance ravagée et tourner ses yeux vers moi.

Il me semblait qu’elle considérait avec peine mes tortures endurées.

Au bout de quelques minutes, elle finit par s’en aller en abandonnant une de ses plumes lors de son envol.

La plume angélique tomba au beau milieu de ce liquide conséquence de l’acte tragique, remplaçant sa blancheur immaculée par l’affreuse couleur de ma candeur ruinée.



J’ai toujours conservé cette plume, tâchée par le souvenir de cette nuit.

Je voulais faire revenir en moi le sang de ma virginité arrachée, c’est pourquoi bien des années plus tard je l’ai utilisée.

Et je ne te l’ai jamais dit, mais c’est à partir d’elle que mes ailes sont nées et que je t’ai créé, faisant couler dans tes veines le même fluide sanguin perdu ce jour-là en même temps que ma vertu.

Tu es mon innocence volée.

Ma pureté violentée.



Tu as toujours cru que je ne voulais pas avoir d’enfant pour ne pas gâcher la beauté de mon corps ?

Je ne t’ai pas dit la vérité car en réalité, j’ai déjà été mère…une fois.

Une unique et douloureuse fois.

En effet, je me suis aperçue que j’étais enceinte des suites de mon enfer, ce qui ne dissuada pas les frères de mon mari de me faire passer de lits en lits durant ma grossesse pour satisfaire leurs envies.

Mon petit ventre arrondi ne les avait pas attendris et ils s’étaient simplement contentés de moins de brutalité pour ne pas me faire perdre l’enfant engendré.

J’ai bien voulu me suicider, mais je ne le pouvais pas étant étroitement surveillée jours et nuits pour m’empêcher de commettre l’irréparable.

De plus, mes pouvoirs à l’époque étaient bien trop faibles face aux leurs.

J’étais encore trop jeune pour savoir les manier avec dextérité.

J’ai failli mourir le jour de l’accouchement, n’arrivant pas à délivrer le nouveau-né et je me souviens encore des paroles de mon mari qui commanda à l’accoucheur d’extraire le futur nourrisson au sacrifice de ma vie.

En ces temps, la seule manière de procéder était de découper minutieusement le ventre de la femme pour faire sortir le bébé, causant à la mère une mortelle hémorragie.

Mais la mort elle-même n’a pas voulu de moi en cet instant puisque j’ai survécu inexplicablement à cette primaire chirurgie.

Je ne sais pas ce qui s’est passé en moi par la suite car cela m’a ôté l’envie de vouloir mettre fin à mes jours.

Je mis au monde une fille, ce qui fâcha mon époux et m’imposa de nouveau le calvaire de ses frères.

Ce qu’il ne savait pas, c’est que je m’étais refusée à revivre la douleur de ce barbare accouchement en me concoctant des breuvages qui rendirent inféconds mes divers accouplements.

Une princesse devenue stérile n’était donc plus utile, c’est pourquoi le Roi ordonna ma destitution et me renvoya chez moi.

Ils gardèrent ma petite fille sans que je ne puisse jamais la revoir, ce qui me déchira d’autant plus le cœur lorsque je reconnus à son visage les traits de son réel géniteur.

Le père de mon enfant n’était autre que Xiaolang, faisant d’elle le seul souvenir que j’aurais pu conserver de lui.

Comprends-tu mieux le tourment de ma vie ?

Sache que mes plumes n’ont pas choisi le corps de cette Princesse nommée Sakura au hasard, puisque de ma lignée elle descend, étant mon arrière et lointaine petite fille.

Je retrouve d’ailleurs la gentillesse de mon défunt serviteur en elle.



Tu ne t’es jamais demandé pour quelles raisons je t’avais donné ce physique ?

Je t’ai fait à l’image de mon ami, lui que j’aimais tant et qui me fut brutalement arraché en quittant ce monde pathétique.

Ton inclination naturelle pour concevoir l’acte charnel dans la bestialité, vient de la violence que l’on a employée sur moi pour me déflorer et du sang qui s’en était écoulé.

Sang qui est devenu le tien et dont je m’engouais ardemment car cela me donnait l’illusion de récupérer un peu plus de ma vertu perdue et de mon innocence dérobée.

Tu es le seul homme à avoir pu me toucher après ma libération car les autres me répugnaient et je ne pouvais le faire qu’avec toi, ne redoutant pas tes réactions puisque tu étais né de mon imagination.

Il est vrai que j’avais besoin de ta brutalité pour avoir le sentiment de contrôler mes démons et avoir l’impression d’exorciser ainsi la violence que l’on m’avait infligée.

Ne dit-on pas qu’un enfant traumatisé par les coups aura tendance à reproduire et rechercher cette même virulence ?

Maintenant je me dis, que si seulement je t’avais laissé m’éveiller à la délicatesse d’un amour empreint de tendresse, ta douceur aurait peut-être soulagé ma douleur et ne m’aurait pas faite sombrer dans la cruauté que tu m’as vue faire à l’encontre de mon peuple.

J’avais besoin de voir et faire endurer la souffrance que j’avais moi-même vécue et mes pouvoirs magiques démesurés ont participé à mon aliénation.

Si seulement toi qui ne m’effrayais pas, je t’avais autorisé à m’approcher d’une autre manière avant de devenir cette Reine inhumaine.

Si seulement je t’avais laissé m’aimer différemment…

Peut-être que tout cela ne serait pas arrivé.

Je connais maintenant la force de tes sentiments car je sais que tu n’as pas voulu m’abandonner seule face à la mort.

Moi qui pensais avoir été trahie une fois de plus.

Mais non.

Tu étais là pour accompagner la fin de ma vie au sacrifice de la tienne.

Alors mon ami, mon dévoué Gardien des Plumes, puisque c’est ainsi que l’on t’appelle désormais, achève ta mission et anéantis mon aura maléfique qui est revenue d’outre-tombe à travers mes plumes magiques.

Emprisonne cette aura qui n’est que le triste reflet de ce que j’étais avant, car je ne ressens plus cette haine d’antan enflammer mon âme aujourd’hui soulagée.

Et rejoins-moi ensuite dans ce berceau de sérénité où je me trouve.



Je tenais encore à te dire… que je t’ai réellement aimé.

Et t’aimerai éternellement.

Toi qui n’est que l’injuste victime de mon dramatique passé.


Viens mon amour… je t’attends.


o O o

Shaolan s’était enfermé et effondré en pleurs dans la salle de bain, terrassé par cette confession intime, tandis que la Princesse s’était rendormie sans se rendre compte de rien.

Son être se brisait de l’intérieur et il se mit à maudire ce sang qu’elle avait partagé avec lui, ainsi que ces hommes qui avaient été à l’origine des tourments de sa vie.

Si seulement il l’avait caressée et aimée de la même façon qu’il l’avait fait pour Sakura.

Si seulement…

Ses larmes de culpabilité et son déchirement redoublèrent d’intensité en imaginant que tout cela aurait pu être évité.

Il terminerait donc sa mission avec plus de détermination pour ensuite la rejoindre.

Elle.

La femme de ses pensées.

Sa petite fleur si atrocement blessée.

Son Ange déchu aux petites ailes ensanglantées.

Son infortunée compagne, qu’il aimait passionnément de toute éternité.

o O o

Mot de l’auteur:
Musique pour écrire ce chapitre : Sarah Brightman « Scarborough Fair »

Merci à Vincent, mon associé pour notre manga, de m’avoir aidée dans la création du passé de Néis.

Oserai-je vous demander des commentaires ?

Le viol est un acte abominable et répréhensible par la loi.

Si cela ne tenait qu’à moi je rétablirai la peine de mort pour les personnes qui font le genre de choses que vous venez de lire.



REVIEWS REVIEWS !