La 7ème Rose

 

La légende raconte qu’il y a bien longtemps, sept Divinités régnaient avec sagesse sur le Septième Monde. Ils étaient les représentants des Sept Eléments qui maintiennent l’Harmonie en toute chose. En ce temps, la paix et le bonheur étaient les maîtres mots de ce monde, et la beauté était omniprésente. Nulle laideur, nulle vilenie n’existait alors. Et parmi tout cela, magnificence du Septième Monde, se cachaient au cœur d’une lumineuse forêt les Jardins de Nacre, palais des Dieux dédiés à la Nature et à l’Harmonie.

Mais un jour, survint un être, noir d’apparence et de cœur, si noir qu’à ses côtés la lumière semblait diminuer. L’Être Noir imposa sa volonté et rompit le fragile équilibre du Septième Monde. Les forêts brûlèrent, les lacs s’asséchèrent, les jardins fanèrent, et les villages se dépeuplèrent. Les terres, devenues arides et craquelées, n’étaient plus que landes de désolation. Les Jardins de Nacre furent pillés et laissés à l’état de ruines. Jamais on ne revit les Sept Divinités.

Aujourd’hui ne subsistent plus que les Sept Mythes sacrés du Septième Monde, dans la mémoire des survivants…

 

1ère Rose : Rose Rubis

 

Chapitre IV : Les Jardins de Nacre

Ils marchaient depuis des heures dans ce désert de sable brûlant. Sans un mot, déterminés. De temps à autres, Shaolan se retournait pour vérifier que Kurogane n’avait pas de mal à le suivre. Il ne voulait pas répéter la même erreur qu’avec Fye. Mais le ninja avançait sans trop de difficulté, couvert par une longue cape grise, et ne semblait en tout cas pas près de tomber. Mokona s’était dissimulé à l’abri du soleil, sous la cape de Kurogane, et sortait régulièrement la tête, pressé d’arriver enfin à ces Jardins merveilleux.

Ils suivaient la direction indiquée sur la carte, et, selon les estimations du jeune archéologue, les Jardins ne devaient plus être loin. « Nous devrions bientôt les voir » avait-il dit. Mais rien ne se profilait à l’horizon, que la brume de chaleur et l’impression d’un sol inondé comme Shaolan en avait tant vu. Pas même un mirage de jardins. Mais Shaolan ne désespérait pas. Kurogane, derrière lui, l’observait. Il trouvait, comme toujours, que le gamin en faisait trop. Lorsqu’ils reviendraient, avec Sakura, cela va sans dire, il l’obligerait à prendre du repos. Dut-il demander à la Princesse de l’y obliger elle-même. Shaolan ne pouvait lui résister. Pas à ce petit sourire qu’elle ne réservait qu’à lui.

Shaolan s’arrêta, et consulta une fois encore la carte que Kyle Rondart lui avait gracieusement prêtée. Il observa autour de lui, comme comparant le dessin à la réalité. Kurogane ne comprenait pas l’utilité d’une telle chose : comment pouvait-on être sûr de distinguer un point ensablé d’un autre point tout aussi ensablé ? mais le jeune garçon désigna un point devant lui avec l’assurance de quelqu’un qui sait. Kurogane plissa les yeux, tentant d’apercevoir quelque chose.

-Nous ne voyons rien d’ici, mais nous sommes tout proches, dit Shaolan. Je le sens tout proche… murmura-t-il ensuite.

-Quoi ?

-Allons-y.

Ils atteignirent le sommet d’une haute dune. S’immobilisèrent, ébahis. Les yeux écarquillés, ils observèrent le paysage qui s’offrait à eux. Ils étaient là… Les Jardins de Nacre…

°S_-°-_Niwa_-°-_S°

(1)

Un tournoi est organisé dans la cité. Tous les plus grands champions de la région sont attendus, et les préparations avancent, agitées et bruyantes, mais dans la joie. Rubis, comme tout le village, participe à l’installation des arènes et des tentes. Aujourd’hui, il redouble d’ardeur et de bonne humeur. Ce n’est pas tant le tournoi qui le rend joyeux, mais plutôt la promesse de la voir y assister.

Car oui, ces festivités organisées par le seigneur de la cité n’ont pour seul but que d’introduire son unique enfant, sa chère fille, dans le monde. Ce sera sa toute première apparition en public, et la ville en est tout excitée. Pour Rubis, c’est l’occasion de revoir la demoiselle, l’étrange enfant au port de reine qui ne quitte plus ses pensées. Ils se sont revus, sur cette montagne, quelques fois… Toujours sans un mot. Mais cette fois sera différente, il le sent, il le souhaite. Il espère la revoir une dernière fois avant le début des fêtes, pour lui annoncer sa décision.

Cette chance lui est donnée, alors qu’il attend, l’esprit ailleurs, sur la montagne, n’y croyant plus. Une ombre allongée de profile par-dessus la sienne, tandis que le soleil débute sa lente descente vers l’horizon. Il se retourne et sourit en la voyant. Elle est là, immobile, timide, comme toujours. Il se lève et prend ses mains dans les siennes. Elle sourit. C’est tout ce dont il a besoin. Il remarque alors son air un peu triste, et il s’inquiète. Il brise leur règle implicite, la règle du silence.

-Qu’y a-t-il ? demande-t-il d’une voix douce.

-Rien… murmure-t-elle. Je suis contente que tu sois là.

A ce moment, lui qui n’avait jamais entendu sa voix, sent son cœur bondir. Ce son est si beau… Elle hoche la tête et le serre brièvement contre elle, avant de s’éloigner en reculant, un léger sourire aux lèvres. Puis elle s’échappe, riant, et Rubis la poursuit aussitôt, entrant à son tour dans leur jeu.

Lorsque l’astre du jour effleure enfin la ligne d’horizon, au lointain, ils se laissent tous deux tomber au sol, épuisés, essoufflés, mais heureux. Allongés l’un à côté de l’autre, leurs mains se frôlent, se cherchent, s’agrippent. Ne se lâchent plus. Elle étreint ses doigts, de plus en plus fort, presque désespérément, et Rubis la sent trembloter. De froid ? Inquiet, il tourne la tête vers elle, mais déjà le ciel s’assombrit et il ne distingue pas l’expression de son visage. Elle regarde le firmament qui s’allume peu à peu de minuscules lumières.

-Tu as froid ?

-Non…

-Mais tu trembles…

-Ce n’est rien… Je suis heureuse d’être avec toi…

-Je suis heureux aussi, lui assure-t-il.

Dans la lueur déclinante du soir, teintée de rouge et de bleu nuit, il se penche sur son visage et dépose ses lèvres sur les siennes.

°S_-°-_Kissu_-°-_S°

(2)

Ils s’étiraient en une grande étendue aux nuances vertes ou bleues, ponctuée par endroits de taches grisâtres ou marron. Les Jardins de Nacre. Des arbres, des prairies, des bosquets, à perte de vue. Des lacs, des places… L’endroit évoquait un éden perdu, mystérieux, enchanteur. Les Jardins secrets des Dieux. Oui, c’était cela, mais si aujourd’hui le lieu avait gardé sa beauté et son charme, il n’en était pas moins abandonné, depuis si longtemps que la terre elle-même devait en avoir perdu le souvenir.

Troublé, Shaolan en perdit la parole, le souffle. Sa respiration était celle du vent, les battements de son cœur le rythme bouillonnant de la terre. Il ne pouvait quitter cette merveille du regard. Jamais il n’avait vu pareille beauté, pareil enchantement. C’en était presque douloureux. Malgré lui, l’image de la Princesse s’intégra à cette vision féerique, comme si elle en avait toujours été un élément essentiel. Cet endroit était comme elle, calme, serein, mais empli de vie. Il la voyait presque courir entre les arbres. Une larme coula lentement le long de sa joue.

Il mit un moment à se reprendre, et songea enfin à descendre la haute dune. Mais il s’aperçut que Kurogane ne suivait pas. Mokona sur l’épaule, il fixait les Jardins d’un air ébloui, et une lueur mélancolique dans un regard quasi indéchiffrable. On ne savait si c’était la tristesse ou la joie qui primait, mais Kurogane semblait totalement envoûté. Il croisa le regard redevenu impassible de Shaolan, remarqua tout juste, dans un coin de son esprit, la petite larme qui n’avait pas quitté le coin de son œil, et prit Mokona de son épaule pour le tenir dans ses bras. La petite boule de poil se serra contre lui et ferma les yeux, comme pour échapper à la même douleur qu’eux-mêmes avaient dû subir.

Ils dévalèrent la pente abrupte pour rejoindre les Jardins. Il restait encore quelques courtes heures avant la fin du jour, mais ils avaient là de quoi se réchauffer pour la nuit. Devant eux se présenta un haut mur de pierre grise, parfaitement lisse, et gravé de symboles inconnus et admirablement sculptés. Ils suivirent l’enceinte sur un long parcours, cherchant une entrée, et découvrirent, encadrée par deux immenses arbres d’argent et d’or, une grande grille scintillante.

Shaolan s’approcha et posa sa main sur les fins barreaux. Aussitôt, les deux pans s’ouvrirent vers l’intérieur, sans un bruit, sans heurt, un simple glissement silencieux. Sans hésitation, le jeune homme pénétra dans l’antre chaleureux des Dieux. Un premier pas, un second… son cœur battait plus fort, plus vite… sa gorge se serrait… Mais il ignora tout cela. Il lui restait une chose à accomplir. Car si ce que disait Kyle était vrai, c’est ici qu’il trouverait Sakura. En vie, et indemne, il l’espérait.

A l’intérieur de l’enceinte, la végétation se faisait luxuriante. Le contraste entre les deux côtés du mur était saisissant. Il faisait plus frais ici, les arbres prodiguaient une ombre bienfaitrice aux voyageurs harassés par la chaleur et aux yeux fatigués par la lumière. Malgré les recommandations prudentes de Kurogane, Shaolan s’enfonça dans la forêt de palmiers, guidé par son instinct. Celui-ci ne le trompa pas. Lorsque son aîné le rejoignit, il était agenouillé près d’une étendue d’eau et buvait avidement ce qu’il prenait au creux de ses mains jointes. Puis il se tourna vers eux.

-Mokona, as-tu senti une plume ? demanda-t-il.

-Oui, mais je ne sais pas où elle est, se plaignit l’animal. C’est comme si on était dedans…

Shaolan se releva et scruta attentivement les alentours. Il sortit la carte d’une poche et y jeta à nouveau un œil.

-Je pense que les espaces gris que nous avons vus doivent être les sept temples, déclara-t-il. Nous sommes ici – il désigna un point sur la carte, indiquant à Kurogane l’emplacement de l’étang – et le temple le plus proche est celui-ci – le dessin d’une bâtisse aux formes étranges s’étalait un petit peu plus loin. Je ne sais pas ce que signifient ces symboles sur les temples, le livre n’en parle pas…

Il tourna la carte en tous sens, espérant trouver un angle de vue qui lui permette d’en comprendre le sens, mais en vain. Il releva la tête dans la direction du temple.

-Je pense que le mieux à faire est de se diriger vers ce temple, dit-il. Nous pourrons peut-être en apprendre plus là-bas, même s’il n’y a personne pour nous renseigner. Les murs peuvent nous dire beaucoup, quand on sait les faire parler…

-C’est toi l’archéologue, répondit juste Kurogane avant de le suivre.

°S_-°-_Kanji_-°-_S°

(3)

Dans la semi-obscurité qui annonçait le soir, la jeune femme veillait son malade avec attention. Régulièrement elle plongeait une bande de tissu dans une bassine d’eau fraîche, pour ensuite la reposer sur le front fiévreux. Elle en épongeait la sueur avec douceur, chuchotant des paroles rassurantes d’une voix suave, frôlant de temps à autre la peau de l’homme pour calmer son angoisse. Il ne l’entendait pas, elle le savait parfaitement, mais cela la tranquillisait, elle.

Assise près d’elle, recroquevillée dans un coin de la pièce, la jeune Chun Hiang observait, silencieuse. Elle avait eu l’intention de repartir à l’aventure, une fois sa mission accomplie, mais quelque chose l’avait retenue auprès de ce pâle et frêle garçon que ses amis appelaient Fye, et elle n’avait plus bougé d’ici depuis que ces derniers avaient quitté le village. Sans qu’elle ne comprenne véritablement pourquoi, elle s’inquiétait de son état, elle qui ne se souciait que d’elle-même, et avait préféré le veiller avec son hôte. Celle-ci, au départ méfiante, avait finalement accepté sa présence.

Le jeune homme s’agitait. Il ne cessait de gémir, de donner de vagues coups dans l’air avec ses bras, aussitôt ramenés sur la couchette par la main douce mais ferme de la femme. Sa respiration était rapide, saccadée. Son visage crispé, inondé de sueur. Il murmurait de temps à autres des paroles dénuées de tous sens, dans une langue qu’aucune des deux demoiselles ne comprenait. Son état ne semblait pas s’arranger. Le calme affiché durant la journée disparaissait dès le soir venu.

Parfois, il agrippait sa main, et la serrait si fort dans la sienne qu’elle en avait mal. Apaisante, elle se mettait à chanter une chanson venue de son enfance. Il se relâchait un peu et un court instant de calme réparateur l’envahissait. D’autres fois, il écarquillait les yeux, et elles se mettaient à espérer son réveil. Mais ces moments de lucidité duraient peu et il sombrait toujours plus profondément dans le délire.

La femme avait peur. Elle le cacha à Chun Hiang, pour ne pas l’inquiéter. Mais l’état de Fye était alarmant. Cette journée n’avait été qu’une accalmie avant l’accès de fièvre qui serait peut-être fatal. S’il passait la nuit, elle ne pouvait jurer qu’il passerait la suivante, car alors il serait plus mal en point encore. Elle craignait que les deux étrangers ne perdent un autre compagnon. Elle leva un regard angoissé vers la jeune fille, à présent endormie.

Elle ne pouvait pas lui dire que ces étrangers étaient maudits, que les Dieux n’avaient pas voulu d’eux en ces terres… Et que Fye pouvait mourir, cette nuit ou la suivante…

°S_-°-_Urei_-°-_S°

(4)

La nuit était tombée et les trois voyageurs s’étaient arrêtés au cœur d’une clairière brillamment éclairée par deux lunes. Ils avaient ramassé du bois mort qu’ils avaient entassé au milieu d’un cercle de pierre, pour se réchauffer. Shaolan avait refusé qu’ils prennent le bois directement sur les arbres, et Kurogane n’avait eu aucune intention de riposter. A présent ils étaient assis près des flammes, attendant dans l’angoisse le lever du jour qui leur permettrait de reprendre la route. S’il n’avait pas fait si sombre et si froid sous les grands arbres, jamais ils ne se seraient arrêtés. Le temps pressait.

Shaolan regardait le feu d’un air éteint. Les poings serrés. Cette attente l’oppressait. Chaque minute, chaque seconde voyait les chances de retrouver Sakura vivante diminuer. Il était impuissant. Et cela le rendait fou de rage et de désespoir. Cela faisait déjà deux jours qu’ils étaient arrivés, deux jours qu’elle lui avait été enlevée, et rien, pas la plus petite preuve qu’elle soit encore en vie, quelque part…

Kurogane lui conseilla de dormir un peu, afin de préserver ses forces pour le moment où il la retrouverait, et s’allongea lui-même près du feu, Mokona dans les bras. La petite peluche soupira en observant un instant le jeune homme, avant de s’endormir à son tour. Shaolan resta immobile, à fixer les flammes, absent. Il ne pouvait pas dormir, il s’en sentait incapable. Le poids qui pesait sur sa poitrine était étouffant, écrasant. Jamais il n’avait ressenti pareille douleur, pareille peur. Jamais il n’avait autant craint pour la vie de celle qu’il aimait.

La nuit passa, et enfin le soleil se leva, clair, pâle, comme légèrement endormi. Kurogane se leva aussitôt. Il n’avait pas deviné la présence de l’astre, non plus qu’il n’avait senti le mouvement de Shaolan se levant. A dire vrai, lui-même n’avait pas fermé l’œil de la nuit, mais cela, jamais il ne l’avouerait.

Ils éparpillèrent les cendres de leur feu ainsi que les pierres, et reprirent leur chemin. Le temple ne tarda pas à se profiler entre les feuillages dans la lueur douce du matin. Ils s’arrêtèrent devant et contemplèrent sa façade. Sur tout la surface du mur qu’ils pouvaient voir d’ici, se dessinaient de grandes flammes gravées, et l’entrée elle-même avait forme d’un grand feu. S’il oscillait légèrement la tête, Shaolan pouvait percevoir un effet de flammes mouvantes saisissant. Il détailla à nouveau le symbole figurant sur le croquis du temple. Et en comprit la signification.

-Je crois que nous sommes devant un temple dédié au feu, dit-il.

-Ce n’est pas difficile à deviner, grogna Kurogane d’un air mécontent.

Lui jetant un regard, Shaolan ne vit qu’une irritation causée par l’angoisse sourde qu’il ressentait lui-même. S’il avait été ici, Fye lui aurait fait part d’une de ses amusantes réparties, mais il n’était pas là et Mokona ne semblait pas disposé à reprendre ce rôle tout seul. Shaolan eut un triste sourire à cette pensée. Leur groupe s’était décomposé, sans qu’il n’ait eu le temps de comprendre les événements ou les stopper. Et à présent ils étaient là, perdus dans un lieu légendaire que nul n’avait jamais su trouver, cherchant à retrouver l’équilibre de leur petit groupe.

Prenant à peine le temps d’une décision, l’archéologue s’avança vers l’entrée, n’écoutant pas Kurogane qui lui conseillait de ne pas entrer. S’il avait une chance… la moindre petite chance… Il pénétra dans le temple d’un pas sûr. L’obscurité soudaine ne le fit pas même chanceler, mais il attendit que sa vision s’adapte. Kurogane le rejoignit bien vite en bougonnant, deux branches enflammées dans les mains. Il en tendit une au jeune homme et inspecta du regard le fond du bâtiment.

Au centre du mur opposé, s’élevait un large trou béant et noir, de même forme que la porte qu’ils venaient de franchir. Le reste de la salle était décorée de peintures rouge orange représentant des hommes se tordant de douleur dans des torrents de feu.

-Joyeux… marmonna Kurogane.

Shaolan se dirigea sans attendre vers la sombre flamme, jetant à peine un regard à ces motifs qui d’ordinaire l’auraient passionné. Il n’avait pas de temps pour cela. Il s’engouffra dans un long tunnel, rapidement suivi par le ninja. Ils marchèrent longtemps, longtemps, dans l’obscurité la plus complète, seulement percée par leurs torches. Ils ne voyaient rien au-delà de quelques mètres, mais cela ne les ralentissait pas, ne les inquiétait pas. Peut-être n’avaient-ils plus rien à perdre, car ils avaient déjà tout perdu…

Une vague lueur tremblotante surgit enfin les ténèbres devant eux, et ils pressèrent le pas. Jamais ils n’auraient soupçonné que le temple soit si grand. Mais encore moins auraient-ils pu imaginer ce qui les attendait au bout de ce long, très long tunnel. Car rien, ou presque, ne les y avait préparés. Car jamais, au cœur d’une telle bâtisse, quiconque n’aurait pu soupçonner une telle chose.

Car devant eux, lorsqu’ils débouchèrent du tunnel, devant eux se dressa la plus grande montagne qu’il leur était donné de voir.

Car cette montagne, si haute et si large qu’on ne pouvait l’embrasser d’un seul regard, étincelait dans la nuit du temple de mille reflets rouges ensorcelants.

Car, enfin, cette montagne était parcourue de longs torrents de flammes et crachait parfois de son sommet des gerbes de sang flamboyant.

Car devant eux se tenait le plus grand volcan jamais vu.

Et sur ce volcan en fusion, une fine silhouette se détachait au loin. Une silhouette reconnaissable entre toutes…

°S_-°-_Yougan_-°-_S°

(5)

 

Petit dictionnaire pour les néophytes du japonais :

niwa => jardin

kissu => si vous ne trouvez pas j’aime mieux me pendre ! lol Kissu signifie baiser/bisou etc… pour cette version je préfère tout de même baiser

kanji => sensation, impression, sentiment. Les trois s’accordent très bien à la situation, ici…

urei => angoisse, inquiétude

yougan => lave

Petit mot de l’auteur :

Première chose, je suis désolée pour la trop grande répétition de « car » à la fin de ce texte. J’avais voulu faire un petit effet de style sympathique, mais je n’avais pas vu que c’était si redondant, moi-même en me relisant… Il a fallu qu’on me le dise pour que je le remarque… Mais je ne pouvais plus rien changer…

Ensuite, eh bien… Il se trouve qu’à présent, je n’ai plus d’excuse pour repousser l’action plus longtemps. Donc, au programme du prochain chapitre, enfin un peu d’action ! Et peut-être la fin de cette première partie, qui comptera donc 5 chapitres plus un prologue. Bon, étant donné que je suis menacée par un ami qui tient absolument à avoir la suite très vite, je m’en vais de ce pas écrire ce chapitre 5 !

A bientôt !

P.S. : j’ai modifié un passage du précédent chapitre. Rien de bien important, juste une modification des temps employés pour ce passage. Vous pouvez très bien continuer sans aller y jeter un œil…

DreamAngel7

RAR :

celesterra : Oui en effet, sans aide ça ne doit pas être simple de traduire. Je devrais faire également un effort et te répondre en anglais, non ? Ça me ferait peut-être progresser… lol A réfléchir ! J’espère que tu as aussi aimé ce chapitre et que tu aimeras les suivants. Je suis contente que ça te plaise.

Calliope la muse : Imitation, Imitation ? Vrai, tu as aimé ? J’en suis ravie ! J’en avais abandonné la publication parce qu’une idée d’histoire originale basée dessus avait enfin percé son trou dans ma tête, et je voulais garder le suspens intact (autant qu’il pouvait l’être à ce stade) pour le futur livre… Mais après tout, voyant le travail de titan que j’avais à accomplir avant de pouvoir songer à travailler dessus et à chercher à le publier, je me suis dit que d’ici là, tout le monde aurait probablement oublié l’intrigue… Donc me voilà revenue avec un chapitre 19, et bientôt le 20 !

Hm pour ce qui est des reviews, désolée… Parfois je prends le temps, parfois non… Je sais, c’est déplorable, surtout quand on voit que je cours après les reviews… hm… bien que ça ne se voie pas, vu que je ne les quémande jamais (je déteste ça) Mais je penserai à t’en laisser une un jour, promis ^^ (surtout que tu les mérites héhé)

Enfin, merci pour ces petits compliments si joliment distillés lol Tu as pu voir que c’était pire encore dans ce chapitre… Mais pas de panique, qui oserait sincèrement croire que je vais tuer l’un des persos ? (en tout cas pas aussi vite… je vais me cacher…) Enfin tu verras ça…